Originaire de la région montpelliéraine, Mithé Espelt (1923-2020) est née en 1923 à Lunel. Elle a grandit dans une atmosphère d'effervescence artistique, entourée de Frédéric Mistral, Edmond Baissat ou encore du décorateur Jean Hugo, figure importante de la vie artistique et intellectuelle locale. À Lunel, il immerge la jeune Mithé dans la société (Cocteau, Bérard, Picasso etc.) de son voisin, Jean Hugo, et dans celle des nombreux écrivains et artistes qu’il fréquente. Après des études à l'École des Beaux-Arts elle suit l'enseignement d'Émilie Décanis développant sa maîtrise des arts du feu pour faire partie de la première promotion de l’école expérimentale de céramique de Fontcarrade, projet novateur destiné à former les meilleurs céramistes français de sa génération.
Elle débute sa carrière à Paris en créant des boutons de céramique pour les maisons de haute couture, puis travaille pour Line Vautrin et gardera toujours la nostalgie du souvenir ébloui de cette collaboration avec la grande artiste avant de redescendre dans le Sud. Elle a alors 23 ans et installe un atelier de céramique dans lequel elle décline des poteries dans l’air du temps, élabore ses premières collections de bijoux et réalise les tout premiers petits miroirs. Elle met ainsi sur pied dès 1947 un extravagant carrousel dans lequel virevoltent, sous une pluie de paillettes d’or pur une myriade de petits miroirs et de coffrets à secrets emplis de bijoux. Des objets qui interrogent le désir et la séduction, l’envie et la gourmandise, le réel et l’illusion, tout en nous délivrant, au milieu du chant des oiseaux et des fleurs, un message d’optimisme et d’amour. Emilie Decanis, qui avait repéré son talent à Fontcarrade y voit en elle l’un des jeunes espoirs de la scène céramique et l’intègre à de nombreuses expositions, en France et à l’étranger. Le succès est au rendez-vous : Mithé se retrouve en charge des collections de bijoux de la Maison Souleiado et réalise des commandes spéciales pour des clientes comme Louise de Vilmorin ou encore Poupette Vachon, la styliste de Brigitte Bardot à Saint-Tropez.
Au long d’une longue carrière émaillée de l’or du succès et de rencontres extraordinaires l’exploratrice des reflets et des pièges de la séduction a su créer un style inimitable, celui d’une œuvre libre et d’avant-garde faite de grâce et de légèreté. Et l’ensemble époustouflant de bijoux, de petits miroirs et de ces coffrets à secrets qui ont fait sa renommée n’en finit pas de surprendre et de ravir les amateurs du monde entier. Mithé Espelt s’est éclipsée dans l’un de ces merveilleux sourires qui ont illuminé nos années de connivence en septembre 2020, au moment où paraissait la monographie « Mithé Espelt, le luxe discret du quotidien » .