Le Berger, Robert
1905 – 1972
Moret-sur-Loing, le pont et l’église, 1969
Huile sur toile
Signé en bas à droite « Robert Le Berger »
H. 54 cm / L. 65 cm
Signé, localisé et daté au dos du châssis « Moret sur Loing. – 1969 – / Robert Le Berger ».
Œuvre nettoyée et vernie par un restaurateur professionnel.
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Ce tableau représente une vue de Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne), depuis la rive gauche. L’église Notre-Dame domine l’arrière-plan architectural, située au centre de la composition, légèrement décalée vers la droite, tandis que le pont à cinq arches traverse la rivière au second plan. À gauche, une prairie animée de promeneurs et de figures assises occupe le premier plan sous une rangée d’arbres.
La composition, construite en oblique à partir du chemin de berge, guide le regard vers l’église, point focal du tableau. L’équilibre entre masses végétales, lignes d’architecture et reflets dans l’eau révèle une organisation rigoureuse mais fluide. Le ciel, vaste et rythmé de nuages, occupe près de la moitié supérieure du format.
La touche, courte et nerveuse, est posée au pinceau dans un empâtement dense. La lumière filtre à travers une palette claire et fraîche, dominée par les bleus, verts et jaunes, avec des pointes de rouge dans les figures. L’ensemble évoque une veine post-impressionniste, entre tradition naturaliste et liberté picturale.
Ce paysage animé appartient à la dernière période de l’artiste, qui se consacre alors à la représentation de bourgs pittoresques, de bords de rivière et de scènes paisibles. Le traitement précis des silhouettes humaines, bien intégrées à la composition, apporte vie et échelle sans détourner l’attention du sujet principal.
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Le Berger, Robert
1905 – 1972
Formé à Paris dès l’adolescence, Robert Le Berger étudie le dessin de 1918 à1922 à l’École supérieure de dessin et de modelage pour garçons, dite Germain Pilon, située rue Sainte-Elisabeth (3ᵉ arr.). Il poursuit sa formation artistique à l’Académie Julian. Il commence à exposer ses œuvres dès les années1920, notamment au Salon d’Automne et au Salon des Tuileries.
Dans les années 1930, il oriente sa peinture vers des scènes de la vie quotidienne, des paysages urbains et ruraux, ainsi que des natures mortes. Son style, résolument réaliste, s’inscrit dans une veine post-impressionniste influencée par Maurice Utrillo (1883-1955), avec une attention particulière portée aux détails architecturaux, aux perspectives urbaines et aux modulations de couleur. Il excelle dans la restitution de l’atmosphère des rues de Paris, des quais, des ponts et des vieux quartiers, mais aborde également des vues plus champêtres dans une palette subtilement nuancée.
Mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, il interrompt sa carrière artistique. À la Libération, il reprend ses activités et continue d’exposer régulièrement dans les galeries françaises. Il participe également à des expositions internationales, notamment en Espagne, en Argentine et en Allemagne, où son style trouve un écho favorable.
Ses œuvres entrent dans plusieurs collections privées et institutionnelles de renom. Certaines sont conservées au Musée d’Art Moderne de Paris. D’autres figurent dans des collections prestigieuses telles que celle du prince François-Joseph de Liechtenstein (1906-1989), de l’actrice italienne Gina Lollobrigida (1927-2023), ou encore de Tiarko de Lovinfosse (1897-1969), collectionneur belge très actif dans les années 1950-1970.
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