Bien que Phillipe Wolfers fut mondialement connu pour ces joyaux et orfèvreries de style art nouveau, les couverts de sa main sont absolument rares sur le marché de l'art.
Le style Art Nouveau connaît depuis quelques décennies un franc succès auprès d'innombrables collectionneurs et de conservateurs de patrimoine.
Neanmoins il est important de signaler que entre 1890 et 1910 il fut surtout du goût d'une riche élite très avant-gardiste .
La grande majorité de ces contemporains belges ou français continuèrent à se meubler et se loger dans des styles éclectiques tels les style Louis XVI, Louis XV ,néogothique ou néorenaissance .
Les chiffres des ventes des objets dans le style "esthétique " comme le surnommaient ses contemporains furent assez négligeables comparés au ventes des orfèvreries plus classiques.
L'investissement très onéreux dans une grande série de matrices en acier destinées à frapper une nouvelle gamme de couverts dans les presses hydrauliques ne fut pas récompensé par des ventes abondantes dans les cas des deux modèles du style esthétique. La grande majorité des clients avaient malheureusement un goût très traditionnel. A cause de cet échec commercial, Philippe Wolfers n'édita que des très beaux modèles de couverts Art Nouveau, dont celui que je vous présente aujourd'hui (modèle nr.205) est le premier ( vers 1899-1902) , un autre suivra en 1904 .
En trente ans de carrière, ce n'est que la deuxième fois que j'ai trouvé un ensemble complet de couverts Art Nouveau de Philippe Wolfers.
En plus celui-ci est exceptionnellement étendu et est complet pour 24 convives.
Leurs formes sont typiques pour la production Art Nouveau qui comme so grand ami Victor Horta , emprunte les formes nerveuses et harmonieuses à la fois du monde végétal mais sans pour autant le copier de façon naturaliste . Donc pas de tiges , feuillages ou fleurs stylisés comme on les voit chez certains de leurs contemporains.
Un plaquette en argent gravé sur sa boîte en chêne clair nous révèle qu'il fut offert pour le mariage de la fille du directeur de la sucrerie de Frasnes dans le Hainaut , par tous les actionnaires. Alfred Lemaire épousa en 1904 Irma Clamart, leurs descendants dirigeront la sucrerie jusque dans la deuxième moitié du vingtième siècle. Les terrains de la sucrerie ont été vidés de leurs anciens bâtiments industriels pour faire place à un nouveau zoning industriel mais une rue Lemaire et une rue Clamart rappellent encore aujourd'hui la présence dans la commune de cette célèbre famille d'industriels hennuyers entre 1878 et 1975.
La ménagère contient 252 pièces
24 fourchettes de table
24 cuillères de table
24 couteaux de table
24 fourchettes à entremets
24 cuillères à entremets
24 couteaux à entremets
24 cuillères à café
24 cuillères à glace
24 fourchettes à huîtres
24 couteaux à tartiner
1 louche à potage
2 couverts à salade
1 pelle à gâteau
1 pince à sucre
4 couverts à hors d'œuvres
2 couverts à servir le poisson
1 cuillère à saupoudrer le sucre