ALEXANDRE LE GRAND AUX MURS DE PERSEPOLIS
GIOVANNI ANTONIO FUMIANI
Venise 1640 - 1710 Venise
Plume, encre et lavis sur papier
20.5 x 38.5 cm / 8.1 x 15.2 pouces ; passe-partout 31.1 x 49.2 cm / 12.2 x 19.4 pouces, non encadré
PROVENANCE
France, collection privée
Alexandre le Grand aux portes de Persépolis : la prise et la destruction de la ville
Ce dessin est un remarquable exemple de graphisme baroque, mettant en avant des contrastes marqués, un mouvement dynamique et des figures expressives. En l'examinant attentivement, j'ai réalisé qu'il représente l'un des moments les plus marquants de l’histoire antique : la prise et la destruction de Persépolis par Alexandre le Grand.
Au premier plan, Alexandre est représenté brandissant une épée, menant son armée à l'assaut. Ses soldats, lances levées, le suivent, tandis qu’en arrière-plan, les structures du palais sont englouties par les flammes. À droite, femmes et enfants sont figurés en fuite, exprimant le désespoir, à l’image des récits historiques relatant la chute de la cité.
Selon Arrien, la ville se rendit sans résistance :
« Quand il arriva à Persépolis, la capitale des Perses, il prit possession des trésors qui s'y trouvaient, plus importants que ceux de Suse, et permit à son armée de piller la ville. » (Anabase d’Alexandre, Livre III, Chapitre 18)
Le pillage qui s’ensuivit fut brutal, une scène que le dessin reflète à travers le chaos parmi les habitants. Par la suite, Alexandre décida d’incendier le palais de Xerxès :
« On dit qu'il mit le feu au palais de Xerxès, pour venger les Grecs, parce que les Perses avaient détruit par le feu et par l'épée les temples et les villes des Grecs. » (Anabase d’Alexandre, Livre III, Chapitre 18)
Les flammes dévorant la ville, telles qu’illustrées dans le dessin, symbolisent cet acte de destruction délibéré. Arrien mentionne qu’Alexandre aurait pu regretter cet acte par la suite :
« Mais Alexandre se repentit immédiatement de son acte. » (Anabase d’Alexandre, Livre III, Chapitre 18)
La composition capture l’essence de ces événements : le triomphe militaire, la destruction volontaire d’une cité majeure et la tragédie vécue par ses habitants. Contrairement aux récits plus dramatisés d’autres auteurs antiques, cette représentation met en avant une décision calculée du conquérant, avec l’incendie symbolisant la chute de l’Empire achéménide.
Ce dessin, de taille considérable, réserve encore de nombreuses découvertes. Nous n’avons pas encore identifié précisément la fresque ou la peinture pour laquelle il a été conçu, laissant place à de futures recherches. De plus, la feuille porte un filigrane, dont l’identification demeure difficile. Le montage du XVIIIe siècle qui l’entoure suggère qu’il a autrefois appartenu à une ancienne collection, aujourd’hui inconnue.