Cet artiste est l'un des rares sculpteurs africains actifs au début du XXème siècle dont la carrière est documentée.
Sikire avait le titre « Thiteldhaar « (Maître-sculpteur, dépositaire de la tradition religieuse sculpturale).
Après plusieurs années d’apprentissage, la qualité de son travail attire l’attention de commanditaires coloniaux, il est repéré par Henri Labouret (administrateur de la région de Gaoua 1914-24). Il missionna Sikire pour produire des masques. Labouret les nommait « masques reliefs ». Il produit ainsi nombre de sièges, masques, fétiches, destinées au culte et aux collectionneurs et ethnographes européens.
Notre masque correspond à la période Labouret 1914-24. Selon la classification du Dr Thomas Keller auteur et spécialiste de l'artiste: (Sikire Kambire, monographie 2015 - verlag Keller art premiers Lully Suisse) page 22. (voir scan en fin de diaporama). Dans l'ouvrage réference de 1931 (Les tribus du rameau Lobi) de H.Labouret, modéle similiare reproduit.
Les coiffes sont inspirées des femmes Dioula. Le masque est en bois de karité. Petites usures.
Son activité auprès de commanditaires blancs, lui a souvent attiré les foudres de ses confrères, et à sa mort, il n’eut pas de cérémonie de passation avec un disciple.