Né à Paris en 1857, Alphonse Osbert reçut une formation académique à l’École des Beaux-Arts au sein de l’atelier d’Henri Lehmann (1814-1882). Ce portraitiste allemand naturalisé français fut formé auprès du grand peintre néoclassique Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867).Dans cet atelier, Osbert se lia d’amitié avec les futurs divisionnistes Georges Seurat (1859-1891) et Edmond Aman-Jean (1858-1936). Dans un premier temps, Osbert entama une carrière classique, influencée par Léon Bonnat (1833-1922), Fernand Cormon (1845-1924) ainsi que les maîtres espagnols.Dès 1880 il exposa au Salon des œuvres naturalistes et post-Barbizon. Le Salon des Indépendants fondé par son ami Seurat — qui a pour vocation à réunir des œuvres des artistes revendiquant une certaine indépendance dans leur art — ne semble pas l’intéresser. Néanmoins, suite à un voyage en Espagne et diverses études effectuées dans la forêt de Fontainebleau, le style d’Osbert évolua puis opéra un tournant à la fin d’années 1880.Alphonse Osbert mena des expériences plus poussées sur la lumière et ses effets sur la couleur. Dès lors, il se rapprocha du Salon des Indépendants et notamment des artistes nabis Maurice Denis (1870-1943) et symboliste Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898). Sous l’impulsion de Chavannes — considéré comme l’un des précurseurs du symbolisme français — Osbert s’orienta vers une peinture plus décorative. Sa peinture devenue monumentale connut un succès grandissant. Osbert participa au Salon de la Rose-Croix fondé par le critique d’art Joséphin Paladan (1858-1918) et fit la rencontre de l’écrivain symboliste Stéphane Mallarmé (1842-1898).Soutenu par la critique et le journal La Plume, Alphonse Osbert fut reconnu comme l’un des principaux peintres symbolistes. Il présenta Vision au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1892. Cette œuvre méditative et mystique illustre une femme en pieds traitée dans une gamme de bleus. La composition ne se veut pas réaliste, mais suggère un état d’âme. Ce tableau fut exposé l’année suivante au deuxième Salon de la Rose-Croix. Alphonse Osbert ne renouvela guère son style après 1900 et se contenta de réaliser diverses commandes publiques de l’État. En ce sens, il exécuta la décoration du grand hall de l’établissement thermal de Vichy en 1904.Ses paysages idylliques illustrent des personnages contemplatifs se détachant sur un bleu du soir, le « bleu Osbert ».