Ce faisant, il froissa les susceptibilités de la Noblesse et du Clergé, ceux des puissants Etats de Hongrie et des Pays-Bas autrichiens. Veuf à deux reprises, solitaire, malade et misanthrope, il mourut prématurément, laissant à son frère Léopold un Empire modernisé mais désorganisé.
Il faut rendre hommage à l’historien d’origine hongroise François Fejtö d’avoir réhabilité la personne et l’œuvre de Joseph II dans une remarquable biographie. Bien avant lui, le Prince de Ligne, qui avait connu Joseph II dans son intimité, écrivait après sa mort une longue lettre à Catherine II en commençant par ces mots : « Il n’est plus, madame ; il n’est plus, le prince qui faisait honneur à l’homme, l’homme qui faisait le plus d’honneur aux princes. » Et Eléonore de Liechtenstein, le grand amour impossible de Joseph II, écrivait à sa sœur : « Il nous a souvent irritées ; mais que de mouvement, que de vie, d’enthousiasme, d’amour de la justice n’a-t-il pas éveillé en nous tous. »
De nombreux portraits ont été produits du vivant de Joseph II. Notre miniature en fait partie : le portrait est fidèle aux descriptions que nous avons de l’empereur, avec sa taille raide, sa calvitie précoce et ses yeux bleus.
Joseph II apparait en tant que Grand-Croix de l’Ordre militaire de Marie-Thérèse. L’Ordre fut créé par l’impératrice en 1757, au début de la Guerre de sept ans, et resta jusqu’en 1918 la plus haute décoration militaire autrichienne.
Détails:
- Gouache.
- Au revers, probablement des fragments cérémoniaux de l'Empereur des Romains.