(Paris 1848 – 1912)
Etude de tête de cheval de profil et de trois quarts
crayon de graphite et encre noire sur papier
1897
36 x 23 cm
traces de pliures sur la feuille, légère insolation sur la bordure, au dos esquisse de couteaux et morceaux de pain
annoté par le collectionneur et daté ‘Detaille 1er juin 1897’ en haut à gauche
sans cadre
Provenance : collection Georges Lemaire, par descendance
En savoir plus :
Édouard Detaille, artiste et illustrateur du courant académiste, est l’élève d’Ernest Meissonier et se distingue principalement par ses scènes militaires. Réputé pour son réalisme historique et son sens du détail, il se consacre particulièrement à l’étude des uniformes, au point d’être sollicité par le ministère de la Guerre pour dessiner certaines tenues. Fortement impliqué dans la vie artistique de son époque, il participe activement aux Salons de peinture, est élu membre de l’Académie des beaux-arts en 1892 et préside la Société des artistes français de 1896 à 1900.
Dans ce dessin, Detaille fait preuve d’une grande maîtrise de l’exécution du cheval, une compétence qui rappelle son talent pour les scènes militaires. Le trait est rapide, les lignes vives capturent l’essence même du mouvement, presque l’âme de l’animal. En 1897, l’artiste travaille à son grand tableau de salon, Les Funérailles nationales de Louis Pasteur, où deux cavaliers figurent en arrière-plan à gauche de la composition. La posture des chevaux dans cette œuvre trouve un écho saisissant dans celle du présent dessin.
Quelques mots sur la collection Georges Lemaire (Bailly 1853 – 1914 Paris) :
Sociétaire de la Société des artistes français à partir de 1887, Georges Lemaire devient rapidement membre du jury. Il assiste alors à de nombreuses séances, où sa présence est attestée, entre autres, par les nombreux comptes rendus sur lesquels il figure aux côtés des plus grands artistes de son époque.
Très vite, il s’attache à récupérer méthodiquement, à l’issue de ces séances, les croquis et feuilles laissés par ses compères. Il les compilera, entre 1892 et 1913, dans sa collection personnelle.
Ces feuilles témoignent à l’évidence de l’urgence des artistes à créer, produire, représenter ce qu’ils observent, ou peut-être de leur besoin de s’évader lors de ces longues séances auxquelles ils assistent.
Collection plurielle par le nombre d’artistes qui y figurent, elle a également plusieurs dénominateurs communs qui contribuent à la rendre tout à fait unique. Il y a d’abord le contexte temporel est spatial de production : ces dessins ont tous été produits dans le contexte des séances de la Société des artistes français. Il y a aussi le médium, car la plupart des feuilles récoltées par Lemaire sont de même facture : un papier de qualité moyenne, très probablement distribué en début de séance. Les artistes ont parfois utilisé d’autres supports imprimés tels que des menus, ordres du jour ou bilans financiers de la société.
Les dessins qui composent cette collection présentent une grande variété : petits croquis, caricatures, tentatives de renouveau de style, parfois proches de l’écriture automatique…
Une partie des dessins sont signés de la main des artistes, les autres sont répertoriés grâce au collectionneur qui prenait soin de noter les noms des artistes dont il ramassait les feuilles.