Bouchon en cornaline. Spatule en os sculpté. Flacon datant de la dynastie Ching (XIXeme siècle).
L’âge d’or de la tabatière remonte aux XVIIIème et XIXème siècles. Signes extérieurs de distinction, elles étaient, à l’époque, aussi bien utilisées que collectionnées. C’est sous la dynastie Mandchoue des Qing (1644 – 1911) que l’art de la tabatière se développe, à l’époque où priser le tabac devient à la mode à la cour impériale. Il était alors mélangé à diverses essences: jasmin, menthe, camphre… La coutume voulait que lorsque les personnes de qualité se rencontraient, elles comparent la qualité de leurs flacons, reflet du bon goût et du raffinement de leur propriétaire.
Le tabac, importé de Macao et du Japon à la fin du XVIIème siècle, commence à se cultiver en Chine. Cher et très taxé, il n’est accessible qu’aux classes fortunées qui dépensent par ailleurs des sommes importantes dans les tabatières, devenues objets d’exception, véritable art de la miniature.
L’intérêt de la collection de tabatières s’explique également par l’immense diversité de ses formes et de ses matériaux: porcelaine, céramique, laque, bronze, bambou, bois, bois pétrifié, ivoire, os, dents, corne, or, argent, étain, cuivre, verre, cristal, jade (néphrite ou jadéite), pierres semi précieuses, corail, ambre, turquoise, galuchat et même coquille de noix... A tout cela il faut bien sûr ajouter l’imitation de matières nobles, un domaine où les artistes chinois ont excellé!